Un rêve réalisé - Ann Ary

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Un rêve réalisé

Un rêve réalisé - Ann Ary

Quand j’étais jeune, j’ai toujours été attirée par le métier de médecin. Après avoir obtenu mon bac, j’ai passé un concours pour entrer à la faculté de médecine. Je m’y mettais à fond, car mon avenir allait se jouer sur mes résultats. J’angoissais beaucoup, juste à l’idée d’une éventuelle défaite. L’examen terminé, l’attente était très pénible. Une semaine après, la nouvelle a été divulguée, les résultats du concours étaient sortis.

Le déboire

Je me précipitais, impatiente de savoir si j’ai été reçue ou non. En m’approchant de la liste des admis, je tremblais. Mon cœur battait à tout rompre, comme s’il allait sortir de ma poitrine. Je défilais les noms à partir du bas pour être certaine de ne pas louper le mien. Plus j’approchais du haut de la feuille, plus mes tremblements devenaient incontrôlables. Des larmes sont vite montées à mes yeux. Elles ont coulé devant tous les autres candidats. Ils ne savaient pas quelle attitude adopter face à mon étalage d’émotion. Je me tenais face au mur, regardant dans le vide, ne sachant pas quoi penser, ni comment réagir. Tous mes espoirs s’étaient volatilisés d’un seul coup. Je me sentais perdue et triste face à ceux qui sautaient de joie d’être reçus. La plupart de ceux qui ont connu l’échec comme moi, quittèrent immédiatement les lieux. Après avoir rassemblé mes esprits, je décidais aussi de partir. Une seule pensée trottait dans ma tête. Je redoutais fortement ce que mes parents allaient penser de moi. Ils vont être sans doute, très déçus. Après avoir fait mille kilomètres dans ma tête, et 12 km en voiture, j’étais de retour à la maison. À voir ma mine déconfite, ils avaient tout de suite compris le résultat. J’ai eu tous les mots de réconfort possible, mais cela n’allégea pas mon cœur. Bien au contraire, c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase.

L’espoir

Ma mère, était une femme très forte, qui surmontait toujours les difficultés. Il y a un mois, elle s’était faite opérer les varices laser. Pour me faire remonter le moral, elle a reparlé de ce jour, et m’avait demandé si réellement, mon nom n’était pas sur la liste. Tête baissée, je lui ai répondu que non. Après discussion, je commençais à douter. Une vague sensation d’espoir m’envahit. Pour m’en assurer moi-même, je leur ai proposé de venir vérifier avec moi. Je n’avais plus la force de parcourir la liste. Je leur ai proposé de voir à ma place. À mon grand étonnement, ils riaient. Ils m’avaient pris dans leur bras, et m’ont chuchoté que j’avais été admise. Je ne les croyais pas, mais je ne suis quand même pas allée vérifier. Je leur faisais confiance. Cette fois, c’étaient des larmes de joie qui ont coulé sur mon visage.