Sacrées mamies - Ann Ary

Mon blogue

Sacrées mamies

Sacrées mamies - Ann Ary

J’ai toujours eu un petit problème. Je ne me rappelle jamais des titres des films que je vois au cinéma. Mais lorsque la sœur de ma meilleure amie annonçait son mariage à sa famille, mon amie demandait à toutes ses connaissances de venir y participer. Quand on n’a pas d’argent, il faut avoir des idées, me dit la grand-mère, toute contente de voir sa dernière petite-fille se marier. Nous avions regroupé le maximum de vaisselle. Nous avions rapporté tout ce qu’il fallait pour le décor. Plusieurs personnes nous prêtaient leur voiture. Il ne restait plus qu’une question qui restait sans réponse. Qui allait être l’animation fete anniversaire ?

La question était posée. Il fallait trouver une solution. Ce n’est pas que les idées manquaient, c’est qu’aucune ne plaisaient à l’unanimité. Nous étions à quelques jours de la fête. Je lançais une idée en l’air, sans trop y penser. Pourquoi ne pas faire comme dans ce film anglais, ou des personnes au chômage, qui choisissent de faire les chippendales sur l’estrade d’un bar ! Tout le monde me regardait comme si j’avais sorti la pire des énormités. Quelques secondes plus tard, on entendait, un wow ! Sortant de la bouche la future mariée qui donnait par ce simple son, son total accord pour l’exécution de cette idée. Il nous fallait juste trouver quelques gus qui pouvaient accepter de le faire. Je restais bouche bée de nous voir obligés d’en éliminer. À croire qu’il y avait presque un besoin pour certains de s’exposer…

Après quelques répétitions et quelques réglages, il fallait jouer sur l’effet de surprise. Chose inutile. Tout le monde s’était passé le mot. Tout le monde n’attendait plus que cela. On décidait alors le jour de la fête, qu’une musique spécifique serait le déclencheur du lancement de l’animation. Même cette chose avait fuité. Toute la soirée, nous avions essayé de déplacer toutes les grand-mères vers un autre coin de la salle sans résultat. Il commençait à se faire tard, autant lancer l’affaire et en finir. Dès les premières notes de musique, un déchaînement extraordinaire se faisait sentir à l’endroit même où on levait le rideau sur la douzaine de chippendales. À peine avaient-ils commencé les premiers pas de danse et enlever deux ou trois vêtements, qu’il nous avait fallu faire les gardiens pour empêcher les mamies de monter sur l’estrade. Elles étaient tellement excitées, qu’il nous avait fallu des fois être plus de deux pour les contrôler. L’une d’elles finissait la nuit à l’hôpital. Je me retiendrai à jamais de lancer une idée en l’air.