Dans les yeux d'Émilie - Ann Ary

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Dans les yeux d'Émilie

Dans les yeux d'Émilie - Ann Ary

Comme je voulais avoir une activité créative, encadrée par un professeur, j’ai tapé quelques mots-clés simples sur Internet, et j’ai eu le plaisir de découvrir un cours dispensé par une professionnelle, proche de là où j’habite. La première séance fut consacrée au carton, à la façon de le découper, de l’encoller, de le manier pour créer des meubles de poupée ou des boîtes. Pour les décorer, la peinture à l’eau et un vernis sont adaptés. Les recouvrir de papier décoré est une autre possibilité, que j’ai préférée. La production que j’ai réalisée pendant le premier mois a été offerte à ma nièce Émilie. Les couleurs pastel et les formes arrondies ont été en harmonie avec la chambre de la petite. Elle me demanda de lui apprendre à façonner ces objets, j’ai passé tout un après-midi à lui montrer la manipulation de bouts de cartons pour qu’elle obtienne le même résultat.

J’avais été accompagnée par un Syndic de faillite Pointe-aux-trembles, et j’avais remis mes finances en bon ordre. Après plusieurs années de difficultés, je pouvais me permettre des petits plaisirs. Comme ces cours m’ont motivée, j’ai acquis le matériel pour créer, seule, des meubles faits avec de la récupération d’emballages. Le mois suivant, le professeur a montré les étapes pour créer des tissages muraux, en macramé. C’était exactement ce qu’il manquait devant ma penderie, un rideau ajouré pour cacher les vêtements posés sur des cintres, très visibles de ma chambre. Cet ajout donna un air plus ordonné à cette pièce que je maintenais avec peine dans un état de rangement acceptable.

Pour le troisième mois de l’année, car les cours se déroulaient de janvier à décembre, c’était donc début mars que j’ai commencé l’apprentissage de cette technique, la couture fut mise à l’honneur. Notre formatrice a demandé à chacune d’entre nous de choisir un patron. Elle avait imprimé, grandeur nature, des papiers où des formes étaient dessinées. J’appris à couper du tissu sans qu’il s’effiloche, à prévoir un ourlet supplémentaire et à mettre un biais. J’avais choisi de coudre un grand sac. Il accueillerait mes courses et mes affaires de sport. Dans un coupon fleuri à fond rose, j’ai coupé un grand rectangle ; en moins d’une heure, j’avais assemblé toutes les découpes en un superbe sac avec des anses en cuir. J’ai ajouté une étoile en paillettes, récupérée sur un vieux tee-shirt troué, et j’arbore avec fierté mon nouveau cabas.